samedi 21 juillet 2012
Bruno Bettelheim
A cet âge, de quatre ans à la puberté, l'enfant a surtout besoin de connaître des images symboliques qui le rassurent en lui montrant qu'une solution heureuse attend ses problèmes oedipiens -- bien qu'il puisse estimer que c'est difficile à croire -- à condition qu'il parvienne à en sortir lentement. Mais il doit être d'abord rassuré sur la conclusion heureuse; ce n'est qu'alors qu'il aura le courage d'oeuvrer avec confiance pour s'extirper de sa condition oedipienne.
168. Divisions de la critique. -- La critique pose d'abord la question suivante : L'esprit humain peut-il arriver à la possession parfaite de la vérité, en d'autres termes, à la certitude? Il faut donc bien préciser les données du problème. Ce sera l'objet des trois premiers chapitres. Nous verrons ensuite de quelle façon les agnostiques, les sceptiques et les dogmatiques ont résolu le problème. Et tout naturellement, pour finir, nous énoncerons brièvement les conséquences de la véritable réponse. (Leçons de Logique)
vendredi 20 juillet 2012
Bruno Bettelheim
L'enfant ne se contente pas de rêver d'épouser celui de ses parents qui n'est pas de son sexe; son imagination ne se lasse pas de broder sur ce thème. Le mythe d'Œdipe raconte ce qui se passerait si ce rêve devenait réalité; mais l'enfant ne peut pas encore cesser d'imaginer qu'un jour ou l'autre, dans un avenir lointain, il épousera le parent en question. Après avoir entendu le mythe d'Œdipe, il ne peut que conclure que ces choses horribles -- la mort de l'un de ses parents, et, pour lui, la mutilation -- lui arriveront.
167. Importance de la critique.-- De par le monde de l'idée, il court tant d'erreurs, tant de sophismes; ici et là, au sujet de même problème, surgissent, s'entre-choquent des opinions bien étranges et bien contradictoires. Parfois on est porté à se demander si, réellement, sur cette terre, il existe quelque chose de certain, s'il y a quelques propositions auxquelles les intelligences, où qu'elles soient, adhèrent unanimement sans crainte d'erreur. A ces questions angoissantes la critique répond affirmativement; et, comme nous le verrons, elle appuie son dire sur de raisons, sur des motifs indéniables. Une science qui arrive à ce consolant résultat est, sans conteste, d'une extrême importance (Leçons de Logique)
jeudi 19 juillet 2012
Bruno Bettelheim
Le complexe d'Œdipe est le problème le plus important de l'enfance, à moins que l'enfant ne reste fixé à un stade de développement encore plus précoce, comme le stade oral. Le jeune enfant est complètement envahi par ses complexes oedipiens qui sont une des réalités inéluctables de sa vie. Plus tard, vers l'âge de cinq ans, il lutte pour s'en dégager, en partie en refoulant le conflit, en partie en le résolvant grâce aux liens affectifs qu'il se crée avec d'autres personnes que ses parents directs, et en partie en le sublimant. Il ne faut surtout pas que les conflits oedipiens de cet enfant soient activés par ce mythe, Supposons que l'enfant ait le désir actif -- ou à peine refoulé -- de se débarrasser de l'un de ses parents pour posséder l'autre en exclusivité; s'il vient à connaître, même sous une forme symbolique, l'idée que l'on peut par hasard, sans le savoir, tuer l'un des parents et épouser l'autre, tout ce qui, jusque-là, a joué dans l'imagination de l'enfant devient une sinistre réalité. Il ne peut résulter de cette révélation qu'une angoisse accrue vis-à-vis de l'enfant lui-même et du monde qui l'entoure.
Logique appliquée ou Critique
166. Définition de la critique. -- La critique est cette partie de la logique qui étudie des opérations de l'esprit humain en relation avec leur objet, c'est-à-dire la vérité. (Leçons de Logique)
mercredi 18 juillet 2012
Bruno Bettelheim
Le mythe n'est pas un conte de mise en garde, comme l'est la fable qui, en suscitant l'angoisse nous empêche d'agir d'une façon qui nous est décrite comme nocive. Le mythe d'Oedipe ne peut jamais être ressenti comme un avertissement à ne pas nous laisser prendre à un complexe oedipien, A partir du moment où on a été mis au monde et élevé par un père et une mère, les conflits oedipiens sont inévitables.
165. Le paradoxe. -- Sans être absolument un sophisme, le paradoxe, cause de multiples erreurs, trouve ici tout naturellement sa place. C'est un jugement qui contredit une opinion commune. Cette opinion contredite peut-être vraie ou fausse. Pour être véritablement paradoxe, le jugement énoncé doit contredire une vérité. Ainsi il est vrai de dire que nous sommes essentiellement supérieurs aux animaux brutes, c'est la vérité commune, c'est la doctrine courante. Et lorsque Montaigne prétend le contraire, il commet un paradoxe, ou mieux, une erreur.
Les grandes vérités de la religions catholique contredisent des opinions dominant en certains milieux. De prime abord, elles semblent être paradoxales, mais elles ne le sont pas. (Leçons de Logique)
Fin de la Dialectique
mardi 17 juillet 2012
Bruno Bettelheim
En expérimentant indirectement ce qui est arrivé à Oedipe, ce qu'il a fait, ce qu'il a souffert, l'adulte peut soumettre à une compréhension mûre ce qui, jusqu'alors, était resté. à l'état d'angoisses enfantines dans les profondeurs de son inconscient, Mais cette possibilité ne peut exister que parce que le mythe se rapporte à des événements très lointains; les désirs et les angoisses oedipiens de l'adulte appartiennent en effet au passé le plus obscur de sa vie. Si la signification sous-jacente du mythe était exprimée clairement et représentée comme un événement qui aurait pu intervenir dans la vie consciente de l'adulte, cela ne ferait qu'accroître énormément les anciennes angoisses et aboutir à un refoulement encore plus profond.
164. Les préjugés.-- Au nombre des sophismes --avec raison-- on met les préjugés. Ce sont des maximes, des opinions courantes, adoptées sans examen, et pour ce motif, accueillies sans défiance, mais qui n'en sont pas moins erronées ou équivoques, Exemple :
Le grec et le latin ne servent à rien.
Il faut être de son temps.
Tous les hommes sont égaux. etc., etc.
Les préjugés se rencontrent partout. La vie individuelle, familiale et sociale en est saturée.
(Leçons de Logique)
Le sac de la Fée des Dents...doit être très lourd., cependant cet ivoire est peut-être recyclé pour les défenses : d'éléphants, d'hippopotame, du morse, du narval, du cachalot, etc. 

lundi 16 juillet 2012
Bruno Bettelheim
Le mythe d'OEdipe, surtout quand il est bien représenté sur une scène, éveille des réactions intellectuelles et émotives puissantes chez l'adulte, à tel point qu'il peut procurer une expérience cathartique, comme le font, suivant l'enseignement d'Aristoste, toutes les tragédies. Après avoir vu OEdipe, le spectateur peut de demander pourquoi il éprouve une telle émotion; et en réagissant à celle-ci, en réfléchissant aux événements mythiques et à ce qu'ils signifient pour lui, il peut parvenir à mettre de l'ordre dans se pensées et ses sentiments. En même temps, certaines tensions internes, qui sont la conséquence d'évènements très anciens. peuvent être soulagées; du matériel jusqu'alors inconscient peut devenir conscient et être disponible pour un travail conscient. Cela peut se produire si le spectateur est profondément ému par le mythe et, en même temps, fortement motivé intellectuellement pour le comprendre.
163. L'interrogation captieuse. -- L'interrogation captieuse consiste à poser à quelqu'un une ou plusieurs questions, de sorte que sa réponse ou affirmative, ou négative, est toujours prise en un sens défavorable. Exemple :
Vous avez ce que vous n'avez pas perdu? Si vous répondez oui --
l'interlocuteur reprend : vous n'avez pas perdu mille piastres, donc vous les avez.--
Si vous répondez, non : vous n'avez pas perdu les yeux, et cependant vous les avez.--
Cette autre question. La vertu et le vice sont-ils bons ou mauvais?--
Si vous répondez : ils sont bons, alors il faudra dire que la paresse, l'orgueil sont bons,
Si vous répondez : ils sont mauvais, alors il faudra admettre que la douceur et la charité sont mauvaises.--
L'interrogation captieuse est surtout employé par les avocats en cours de justice. Ainsi on demande à un accusé: pourquoi avez-vous volé? Cette question captieuse suppose au préalable que le prévenu a volé. (Leçons de Logique)
Mariage de grenouilles
Des villageois indiens ont célébré samedi le mariage de deux grenouilles dans l'espoir que cette ancienne tradition attire les pluies de la mousson sur leur région frappée par la sécheresse.
Be carefull what you wish for!
Be carefull what you wish for!
dimanche 15 juillet 2012
Bruno Bettelheim
Malgré tous nos efforts, nous ne pouvons jamais porter notre vie à la hauteur de ce que notre surmoi, tel qu'il est représenté dans les mythes par les dieux, semble exiger de nous. Plus nous essayons de leur plaire, plus implacables se font leurs exigences. Même si le héros ignore qu'il a cédé aux sollicitations de son ça, il est condamné à en souffrir horriblement. Quand un mortel encourt la disgrâce d'un dieu sans avoir rien fait de mal, il est détruit par cette représentation suprême du surmoi. Le pessimisme de mythes éclate dans l'histoire que la psychanalyse a rendue exemplaire, la tragédie d'Oedipe.
162. Ignorance de la cause.-- Ce sophisme consiste à prendre comme cause véritable d'un événement, d'un fait, un antécédent qui ne l'est pas. Exemple :
L'alcool abrutit.
Donc, il est mauvais.
Ce n'est pas l'alcool, mais son abus qui abrutit.--
Des gens instruits se conduisent mal,
Donc, il faut condamner l'instruction.
Ce sophisme confond la concmitance, la succession, avec la causalité. Parce que le fait B suit le fait A, on conclut que A est la cause de B; B vient après A, donc B n'existe qu'à cause de A. Post hoc ergo propter hoc. Après cela, donc à cause de cela. (Leçons de Logique)
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