dimanche 6 mai 2012

 
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Bruno Bettelheim

Malgré l'objectif  relativement restreint  de cette étude, qui est de montrer comment les contes de fées aident les enfants à régler les problèmes psychologique de la croissance et à intégrer leur personnalité, j'ai dû m'imposer des limites sérieuses.
102. Deuxième figure du syllogisme. -- Si le moyen terme est attribut et dans la majeure et dans la mineure, le syllogisme appartient à la deuxième figure. Exemple :
Tout homme peut pécher,
Or aucun ange ne peut pécher,
Donc aucun ange n'est homme.
Dans cet exemple le moyen terme est peut pécher. (Leçons de Logique)

samedi 5 mai 2012

Bruno Bettelheim

De nombreuses autres histoires des frères  Grimm commencent par (ou contiennent) des allusions religieuses ''Le Vieillard rajeuni'' commence ainsi ;  ''A l'époque ou Notre-Seigneur marchait encore sur la terre, il s'arrêta un soir, avec saint Pierre, à la maison d'un forgeron..." Dans un autre conte, "Le Pauvre et le Riche'', Jésus comme n'importe quel autre héros de conte de fées, est fatigué de marcher. Voici le début de cette histoire : '' Dans les temps d'autrefois, quand le bon Dieu se promenait encore en personne parmi les hommes, sur la terre, il se trouva qu'un soir, alors qu'il était bien fatigué, la nuit vint Le surprendre avant qu'il eût pu trouver une auberge. Devant lui, sur la route, se trouvaient deux maisons qui se faisaient vis-à-vis...'' Mais aussi importants et fascinants que soient ces aspects religieux des contes de fées, ils échappent à la portée et au propos de ce livre et ne seront donc pas étudié ici.
101. Première figure du syllogisme. --  Lorsque le moyen terme est sujet dans la majeure et attribut dans la mineure, le syllogisme appartient à la première figure. Exemple :
Toute science mérite le respect,
Or la philosophie est une science,
Donc la philosophie mérite le respect.
Dans ce syllogisme le moyen terme est science. (Leçons de Logique)

vendredi 4 mai 2012

Bruno Bettelheim

La plupart des contes de fées remontent à des époques où la religion tenait une place importante dans la vie; c'est pourquoi ils sont en rapport direct ou indirect avec des thèmes religieux. Les contes des Milles et Une Nuits sont pleins de référence à la religion islamique. De nombreux contes occidentaux ont un contenu religieux; mais ils sont pour la plupart négligés de nos jours et inconnus du large public uniquement parce que, pour beaucoup, ces thèmes religieux n'éveillent plus d'associations significatives.L'oubli dans lequel est tombé ''L'enfant de Marie'', l'une des plus belles histoires des frères Grimm, est bien la preuve de ce désintéressement. Cette histoire commence exactement comme ''Jeanno et Margot'', des mêmes auteurs :''A la lisière d'une grande foret vivaient un bûcheron et sa femme...'' Comme dans ''Jeanno et Margot'',  le couple est si pauvre qu'il est devenu incapable d'assurer sa subsistance en même temps que celle de leur petite fille de trois ans, Émue par leur détresse, la Vierge Marie leur apparaît et leur offre de s'occuper de l'enfant qu'elle amène avec elle au ciel. La petite fille vit une vie merveilleuse jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de quatorze ans. A ce moment-là comme dans les différentes versions de ''Barbe-Bleue.'', la vierge confie à la fillette les clés de treize portes; elle a le droit d'en ouvrir douze, mais pas la treizième. L'enfant  est incapable de résister à la tentation, et, questionnée par la Vierge, elle ment. En punition, elle est renvoyée sur la terre, elle est muette. Elle subit une série d'épreuves puis, étant sur le point de mourir sur un bûcher, elle éprouve le désir de confesser sa faute. La Vierge, aussitôt, la sauve du bûcher, délie sa langue et lui donne ''le bonheur pour toute son existence''.  La leçon de l'histoire est celle-ci : si nous nous servons de  notre voix pour proférer des mensonges, nous sommes perdus; autant être privé de la parole, comme l'héroïne de l'histoire, Mais si nous utilisons notre voix pour nous repentir, pour reconnaître nos fautes et dire la vérité, nous pouvons nous racheter.
 
Ah! quelle belle photo - Salem, Mass (merci Martin)Posted by Picasa
100. Différentes espèces de figures. -- Il y a trois figures de syllogisme. En effet le moyen terme peut occuper trois places différentes dans la majeure et la mineure. (Leçons de Logique)

jeudi 3 mai 2012

Bruno Bettelheim

Les contes de fées abondent également en thèmes religieux : de nombreuses histoires bibliques sont de la même nature qu'eux. Les associations conscientes et inconscientes qu'évoquent les contes de fées dans l'esprit de l'auditeur dépendent de son cadre général  de référence et de ses préoccupations personnelles. Les personnes religieuses trouveront donc en eux des éléments d'importance dont il ne sera pas question ici.
99. Figures du syllogisme. -- La figure d'un syllogisme est la place successivement occupée par le moyen terme dans les prémisses. (Leçons de Logique)
 
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mercredi 2 mai 2012

Bruno Bettelheim

** ''Un exemple illustrera très bien cet aspect des contes de fées. Dans l'histoire des Grimm ''Les sept corbeaux'',  sept frères vont puiser de l'eau dans une cruche pour le baptême de leur petite soeur. Ils perdent la cruche et sont transformés en corbeaux. La cérémonie du baptême annonce le début d'une existence chrétienne. On peut considérer que les sept frères représentent ce qui a du disparaître pour laisser la place à la chrétienté. S'il en est ainsi, ils symbolisent le monde païen, où les sept planètes représentaient les dieux du ciel. La petite fille qui vient de naître est alors la nouvelle religion qui ne peut  se propager que si les anciennes croyances ne gênent pas son développement. La chrétienté (la soeur) ayant vu le jour, les frères représentent le paganisme, sont relégués dans l'ombre. Mais en tant que corbeaux, ils vivent au sein d'une montagne, à l'autre bout du monde, ce qui laisse supposer qu'ils continuent de vivre dans un monde souterrain subconscient. Ils ne retrouvent leur apparence humaine que lorsque leur petite soeur sacrifie l'un de ses doigts, ce qui est  conforme à l'idée chrétienne que seuls ont accès au ciel ceux qui sont prêts, s'il le faut, à sacrifier la partie de leur corps qui les empêche d'atteindre la perfection. La nouvelle religion, le christianisme, peut libérer ceux qui se sont attardés dans le paganisme. ''

Bruno Bettelheim

Les folkloristes abordent les contes de fées sous l'angle de leur discipline; les linguiste et les critiques littéraires examinent leur  signification pour d'autres raisons. Il est intéressant de noter, par exemple, que certains voient dans le thème du Petit Chaperon rouge avalé par le loup le thème de la nuit absorbant le jour, de la lune éclipsant le soleil, de l'hiver remplaçant les saisons chaudes, du dieu avalant la victime propiatoire, etc. Aussi intéressantes que puissent être ces interprétations, elles n.apportent pas grand-chose aux parents et aux éducateurs qui veulent connaître le sens qu'un conte de fée peut avoir pour l'enfant dont l'expérience, après tout, est bien  éloignée d'une explication du monde fondée sur des concepts où interviennent la nature et les déités.
98. A quoi sert le syllogisme. - Le syllogisme est une excellent moyen de découvrir l'erreur. Celle-ci, pour se faire accepter, se présente aux lecteurs toute enveloppée des ornements et des grâces du style. Dépouillée de ses atours par le syllogisme qui l'exhibe en trois phrases courtes, sèches, précises. elle a moins de chance de se faire admettre. C'est ce qu'enseignent de grands esprits comme Bossuet qui avait soin d'ôter du discours ''les figures et le autres ornement de parole''... pour mieux ''voir ce que la logique fait dans ces ouvrages et ce que la rhétorique y ajoute'' Selon Kant, ''tous les vices de raisonnement se découvrent très facilement quand on les fait ressortir en mettant un argument en forme'' Et pour Cousin, ''tout raisonnement qui ne peut être mis sous cette forme, est un raisonnement dont il faut se défier''. - En employant le syllogisme, l'esprit humain acquiert de la précision et de la pénétrationé ''L'art syllogisme, écrit V.Cousin, est une escrime puissante qui donne à l'esprit l'habitude de la précision et de la rigueur. C'est à cette male  école que sont formés nos pères, et il n'y a que de l'avantage à y retrnir la jeunesse actuelle'' (Leçons de Logique)
http://www.lapresse.ca/debats/le-cercle-la-presse/actualites/201204/30/48-201-la-crise-etudiante-cessons-de-rever-en-couleurs.php


à lire  - Cessons de rêver en couleur - Pierre Calvé - L'auteur a été professeur au département de linguistique et à la faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa de 1969 à 2001. Il a été doyen de cette faculté de 1994 à 1997. Il est détenteur d'un doctorat en linguistique de l'Université Georgetown, à Washington D.C.

mardi 1 mai 2012

Bruno Bettelheim

En tant qu'oeuvre d'art, les contes de fées présentent de nombreux aspects qui vaudraient d'être explorés en dehors de leur signification et de leur portée psychologique qui font l'objet de ce livre. Notre héritage culturel, par exemple, trouve son expression dans les contes de fées et il est transmis à l'esprit de l'enfant par son intermédiaire **.Un autre livre pourrait étudier en détail la contribution unique que les contes de fées peuvent apporter effectivement à l'éducation morale de l'enfant, sujet qui n'est qu'effleuré dans les pages qui suivent.
97. Quatrième loi des propositions : La conclusion suit la partie la plus faible. -- Si l'une des prémisses est négative la conclusion est négative; si l'une des prémisses est particulière, la conclusion est particulière. En effet, si l'une des prémisses est négative, c'est parce que l'un des extrêmes ne convient pas au moyen terme. Et la conclusion sera négative. Exemple :
Tous ceux qui offensent Dieu ne sont pas ordinairement heureux,
Or les pêcheurs offensent Dieu,
Donc les pêcheurs ne sont pas ordinairement heureux.
Cette conclusion est juste, évidemment.
Si l'une des prémisses est particulière, c'est parceque l'un des extrêmes ne convient qu'en partie ou partiellement au moyen terme. C'est cette partie de l'extrême convenant au moyen terme qui sera exprimée dans la conclusion. Celle-ci sera donc particulière. Exemple :
Quelques souverains ne sont pas aimés,
Or tous les souverains sont les représenants de l'autorité,
Donc tous les représentant de l'autorité ne sont pas aimés.
Cette conclusion et fausse. Il faut dire quelques représentants de l'autorité... (Leçon de Logique)

lundi 30 avril 2012

Bruno Bettelheim

Ils sont uniques, non seulement en tant que forme de littérature, mais comme oeuvre d'art qui sont plus que toutes les autres totalement comprises par l'enfant. Comme toute production artistique, le sens le plus profond du conte est différent pour chaque individu, et différent pour la même personne à certaines  époques de  sa vie. L'enfant saisira des significations variées du même conte selon ses intérêts et ses besoins du moment. Lorsqu'il en aura l'occasion, il reviendra au même conte quand il sera prêt à en élargir les significations déjà perçues ou à les remplacer par d'autres.
96. Troisième loi des propositions : On ne peut rien conclure de deux prémisses  particulières. -- Comme l'extension d'une proposition et  la quantité même du sujet de cette proposition, les propositions particulières ont donc toujours comme sujets des termes particuliers. -- On peut supposer trois cas:
Premier cas. - Les deux prémisses particulières peuvent être négatives. Alors en vertu de la première loi des propositions (94)  toute conclusion est impossible.
Deuxième cas. - Les deux prémisses particulières peuvent être affirmatives.
Exemple :                                      Quelques savants sont incroyants,
 Or quelques incroyants sont illettrés,
Donc quelques savants sont illettrés.
Ici la quatrième loi des termes n'est pas observée. Le moyen terme incroyants est pris dans  deux sens différents. En réalité, ce syllogisme contient quatre termes quant au sens.
Troisième cas. - Les deux prémisses particulières peuvent être, l'une affirmative, l'autre négative.
Exemple :                                 Quelques étudiants sont paresseux
Or quelques hommes ne sont pas paresseux,
Donc quelques étudiants ne sont pas homme.
Dans ce syllogisme, la deuxième loi des termes n'est pas observée. Dans la conclusion, parce qu'attribut
d'une proposition négative, le terme hommes est universel. Dans les prémisses, il est particulier. Ou encore :
Quelques étudiants ne sont pas hommes,
Or quelques étudiants sont paresseux,
Donc quelques paresseux ne sont pas hommes
Ici la quatrième loi des termes n'est pas observée. Étudiants, moyen terme, est deux fois particulier.
(Leçons de Logique)